Je n'étais jamais allée sur Second-Life... Une vie d'avatar virtuel, paraissait plus un piège qu'une ouverture à la rêveuse que je suis. Je n'y étais jamais allée jusqu'à ce que j'apprenne qu'un gars (Christophe Lemesre) venait d'y construire un espace où viendront des personnes ayant un handicap ! (Nous vous en dirons plus très prochainement).
Quelle incroyable nouvelle !
Dans ce royaume de la vie rêvée, le handicap a droit de cité !
Si c'est ainsi, je me dis que Second-Life n'est plus un lieu de fuite, mais une espèce de laboratoire moderne à la vie.
Il me paraît impossible de concevoir l'humain sans sa complexité, ses paradoxes, ses ambivalences. Je ne vois pas la beauté sans la compagnie du charme, de la laideur ou des grimaces. Que serait le génie sans la folie, la sagesse et la bêtise ? Je ne crois pas au chimiquement pur en matière d'humain. Je crois à la complexité et à la circulation entre les opposés, entre les émois, entre les mois et les autres en moi. Je suis sage et folle, gentille et dure et douce et égoïste et blanche et rose et noire...
Et ce matin, j'ai été enchantée d'entendre Catherine Clément sur France Culture, développer ce thème à sa manière à partir d'un livre de Levi-Strauss... écoutez, il y en a pour 5 minutes :
Téléchargement Chronique de Catherine Clément 26.11.2008
A l'aide de leurs mots, je dirais donc, que je suis heureuse, car dans la cité des idéalisations, il y a maintenant le handicap, réintroduisant ainsi "l'altérité dans la maison commune". Et je fais le vœu que nous ne puissions plus nous penser sans l'autre, sans respecter la place de l'autre en nous.
Anne Chabert
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